• Quand la ministre de l'éducation cultive le mensonge...

    Quand la ministre de l'éducation cultive le mensonge...

    Depuis quelques jours, Najat Vallaud-Belkacem, habile communicante, essaie de nous faire croire qu’elle souhaite revenir à l’enseignement des savoirs fondamentaux. Elle a ainsi fait la tournée des médias pour annoncer le retour de "la dictée quotidienne et obligatoire" à l’école. Malheureusement, la « dictée quotidienne et obligatoire » n’aura été qu’une diversion. Dans la nouvelle version des programmes scolaires, que la ministre a rendue publique, nulle mention n’est faite de cette dictée. Dès le lendemain de l'annonce de la ministre, le ministère précisait d’ailleurs qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une dictée formelle, mais qu’il suffisait à l’enseignant de dicter aux élèves un énoncé d’exercice pour que le contrat soit rempli : « Prenez une feuille et additionnez 2 + 2 ». La dictée est finie ! Elle ne sera évidemment ni corrigée ni notée afin de ne stigmatiser personne. La ministre a ainsi sciemment dupé ceux qui espéraient sincèrement que son annonce marquerait le retour du bon sens et celui de pédagogies ayant fait leurs preuves. D’ailleurs, si l’on regarde précisément les nouveaux programmes scolaires, le mot « dictée » n’est cité que 6 fois sur les 375 pages des textes officiels ; et là encore, principe même de l’illusion, ce que l’on lit n’est pas du tout ce à quoi l’on s’attend. Car il n’est nullement envisagé de proposer des dictées aux élèves mais au contraire de recourir à la méthode de la « dictée à l’adulte ». Dans cet exercice, c’est l’enfant qui dicte et le maître qui écrit ; ce qui était hier réservé aux enfants de maternelle est appelé à se généraliser jusqu’au collège. A quoi aurait d'ailleurs servi de multiplier les dictées sans les accompagner de l'enseignement de l'orthographe et de la grammaire. Or, en guise de leçons d'orthographe, les programmes nous invitent à nous contenter d'une forme de «vigilance orthographique». Quant à la grammaire, si le terme fait son retour dans les textes officiels, c'est une nouvelle fois détourné du sens qu'on lui prête communément. Toujours fidèle au délire de Roland Barthes qui accusait la langue d' «être fasciste» avec ses règles de grammaire qui s'imposaient à l'enfant, les nouveaux programmes continuent à se situer dans l'utopie «constructiviste», celle où l'on fait croire que c'est à l'enfant de construire seul son savoir. C'est pourquoi, il n'est pas question de leçons de grammaire, et encore moins d'apprentissage de certaines de ses règles mais bien d'accompagner l'élève dans «l'étude de la langue», «de manière à mettre d'abord en évidence les régularités du système de la langue» (p. 113 des nouveaux programmes). L'élève devant tirer seul, de ces régularités, les règles dont il a besoin pour écrire correctement le français. Malheureusement, rien n'a changé, depuis cet exercice enseigné aux élèves professeurs dans les IUFM où après qu'une phrase fut dictée à toute la classe, l'enseignant consignait sur le tableau «toutes les graphies différentes» afin que la classe «négocie oralement pour déterminer la graphie à retenir». S'il arrivait qu'une mauvaise graphie soit choisie, les formateurs invitaient les futurs enseignants à «réprimer leur adultité spontanée et à ne pas corriger», pour proposer plus tard «une phrase dans laquelle il s'agissait d'analyser la graphie exacte», en espérant que les élèves réinstitueraient d'eux-mêmes la règle. Rien n'a changé? Enfin si, le niveau des élèves s'est effondré !
                                                                                           Source : l'observatoire des programmes scolaires.


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